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16/06/2017 Un microphone toulousain mettra Mars sur écoute en 2020 - Section : Article

L'agence spatiale américaine enverra un nouveau rover sur Mars en 2020. A son bord, la caméra laser toulousaine SuperCam sera équipée d'un micro. Pour la première fois, on pourra entendre les sons de la planète Mars.

Les scientifiques l'ont voulue encore plus complexe que la précédente. La caméra laser SuperCam, en cours de fabrication à Toulouse, équipera le prochain rover américain de la mission Mars 2020. Comme ChemCam sur Curiosity (depuis 2012 sur le sol de Mars), ce bijou de technologie sera capable d'analyser les roches martiennes à distance. SuperCam pourra, en plus, chercher des molécules organiques pour étudier d'éventuelles formes de vie passées.

Mais la grande première vient d'un petit microphone de 3 cm. «Nous allons mettre du son sur de l'image, c'est magique », lance David Mimoun (S 1993) enseignant chercheur à l'ISAE-SupAéro, qui implique depuis deux ans des étudiants dans ce projet mené avec l'IRAP, le CNES et la Nasa.

Devant le modèle d'ingénierie, Julien Delpeyrat et Elise Clavé, étudiants en deuxième année, ici en photo, ne boudent pas leur plaisir. «Nous sommes passionnés de planétologie, c'est génial de travailler avec la Nasa et de participer à un projet inédit».

Si tout se passe bien, le Mars Microphone toulousain sera le premier instrument à envoyer des sons de la planète rouge. «Les précédentes tentatives ont échoué. Le micro n'était jamais abordé comme un projet scientifique. Celui-là permettra d'entendre le son du laser de SuperCam pendant les opérations et donc de déduire la dureté de la roche visée.

 Il nous renseignera aussi sur les vents martiens et, par l'écoute des bruits du rover, sur l'usure du matériel », commente Sylvestre Maurice (S 1990) astronome à l'IRAP, responsable scientifique de SuperCam.

 «Nous devons être sûrs qu'on entendra quelque chose et que le micro supportera les différences thermiques, les radiations et les vibrations et qu'en cas de panne celle-ci n'impactera pas SuperCam », ajoute David Mimoun qui multiplie les tests. Au Danemark dans un tube de 5 m de long et 2,5 m de diamètre rempli de dioxyde de carbone, il a pu s'assurer de la bonne sensibilité du micro.

Si la vitesse du son se propage de manière similaire sur Mars et sur Terre, la basse pression martienne (1/100e de celle de la Terre) ajoutée à la présence de dioxyde de carbone empêche la propagation des hautes fréquences. Sur Terre, le laser claque comme un allume-gaz. En condition martienne, le «clac» devient «plop». «On s'attend à recevoir des sons étouffés, assez graves », confirme David Mimoun.

Ecoutez un son Martien

Le micro Mars Microphone sera intégré à SuperCam, la caméra laser du prochain rover d’exploration martienne. Pour sa conception, les équipes toulousaines (ISAE-SupAero, IRAP, CNES) doivent effectuer des tests dans des conditions retraçant l’atmosphère martienne.

 Tendez l’oreille, vous entendrez le "clac" du son d’un laser sur Terre puis le "plop" plus étouffé d’un son comme sur Mars. Vidéo de qq secondes.  

SuperCam à la recherche de molécules organiques

La caméra laser SuperCam est le seul instrument scientifique français sur les sept de la mission américaine Mars 2020.

Elle est conçue à l'IRAP (Institut de recherche en astrophysique et planétologie, CNRS/Université Toulouse III Paul-Sabatier) sous la responsabilité du CNES, l'agence spatiale française. Comme la caméra laser ChemCam qui équipe actuellement le robot Curiosity (en opération depuis 2012), elle sera placée en haut du mât du rover et réalisera des tirs qui chaufferont les roches martiennes : l'analyse de la lumière émise permettra de connaître la composition chimique des roches.

Aux fonctionnalités de chimie et d'imagerie de ChemCam se sont rajoutés un spectromètre Raman et un spectromètre infrarouge pour comprendre la composition minérale des roches et l'association des atomes. Enfin, le micro Mars Microphone développé avec l'ISAE SupAéro permettra pour la première fois d'entendre des sons de la planète Mars.

Emmanuelle Rey - La dépêche. Publié le 13/06/2017

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