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09 octobre 2020
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Les taxis volants auront leur zone test à l'aérodrome de Pontoise

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Fermé au trafic commercial depuis 20 ans, l'ancien aéroport de Pontoise-Cormeilles-en-Vexin a été choisi pour servir de centre d'essai aux futurs aéronefs électriques à décollage vertical, prélude à d'éventuel service d'aviontaxi annoncé pour les Jeux Olympiques de 2024. Mais beaucoup d'étapes restent encore à franchir.

Après s'être interrogé pendant des années, ADP a finalement trouvé une nouvelle utilité à l'aérodrome de Pontoise-Cormeilles-en-Vexin. Fermé au trafic aérien depuis 20 ans, l'ancienne base militaire, qui dispose de deux pistes bitumées, a vocation à devenir à partir de 2021, un centre d'essais pour les futurs aéronefs électriques à décollage et atterrissage vertical (ADAV), improprement appelés « drones » ou « taxi volants » en France, ou « VTOL » selon l'acronyme anglais. L'ambition affichée par la Région Île-de-France, le Groupe ADP et la RATP, partenaires dans cette opération, est de développer une « filière mobilité aérienne urbaine, autour du véhicule à décollage vertical ».

« A travers le lancement d'un appel à manifestation d'intérêt international, nous sommes prêts à fédérer un écosystème unique en Île-de-France », a indiqué Edward Arkwright, le directeur général exécutif du Groupe ADP, aux côtés de la présidente de la région, Valérie Pécresse et de la PDG de la RATP, Catherine Guillouard - dont l'intérêt pour le transport aérien n'est plus à démontrer. En 2018, Catherine Guillouard s'était en effet portée candidate à la direction d'Air France-KLM.

Des avions-taxis pour les JO de 2024 ?

La création de cette zone de tests dédiée à la future « mobilité aérienne urbaine » résulte d'un partenariat annoncé en juin 2019 entre le groupe aéroportuaire, la région Ile-de-France et la RATP, visant à lancer pour les Jeux Olympiques de 2024 un service de taxis volants entre l'aéroport de Roissy-CDG, Saint-Denis et Disneyland.

Mais à l'époque, aucun ADAV européen n'avait encore effectué un vol en Europe. D'où l'accueil plutôt réservé accordé à ce projet vitrine d'avions-taxis pour le JO de 2024, alors que Roissy-CDG reste le seul grand aéroport international sans liaison ferroviaire directe avec le centre-ville et que l'arrivée du CDG Express était encore repoussée d'un an.

Volocopter s'y voit déjà

C'est probablement afin de donner plus de réalité à leur projet que les trois protagonistes du projet avaient fait venir à Pontoise, pour cette annonce, le prototype du Volocopter, le projet de VTOL européen le plus avancé développé à Stuttgart par une start-up allemande avec le soutien de puissants parrains, dont le constructeur automobile Daimler. A en croire son PDG, Florian Reuter, Volocopter pourrait en effet être le premier utilisateur de la base de Pontoise, en vue de lancer « des lignes commerciales de taxis aériens dans les deux ou trois prochaines années ».

Avant d'en arriver là, Volocopter et les nombreux autres projets d'objets volants non identifiés doivent encore franchir beaucoup d'obstacles. Pour l'heure, l'utilisation de ces hélicoptères électriques d'un nouveau genre dans l'espace public reste en effet totalement interdite. L'Agence européenne de sécurité aérienne, qui sera chargée de délivrer les autorisations de vol, vient toute juste de lancer une étude d'acceptabilité afin de savoir comment ses appareils seront accueillis par les populations. Dans le cas de Pontoise, la réaction des associations de riverains, qui avaient bataillé durant des années pour obtenir la fin des vols commerciaux, devrait fournir un premier élément de réponse.

Un modèle économique encore flou

En l'absence de visibilité sur les possibilités réelles offertes par ces engins et les contraintes qui leur seront imposées, le modèle économique des ADAV reste également à valider. Dans le cas du Volocopter, cet hélicoptère léger à rotors électriques nécessitera un pilote, pour pouvoir transporter un passager sur une distance maximale de 35 km à une vitesse de pointe de 110 km/h, avec des moteurs électriques. Ce qui laisse planer un doute sur sa rentabilité et sur son « acceptabilité sociale » en tant que taxi volant. Volocopter n'en a pas moins lancé, la semaine dernière, la phase de précommercialisation pour les 1.000 premiers vols. Le prix annoncé sur le site de Volocopter est de 300 euros pour ces premiers vols. En revanche, aucune date n'a été communiquée.

Source : Les Echos



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